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Accident de l’avion DE HAVILLAND – DHC-6 – 300 immatriculé PJ-WII survenu le 13 février 2019 à Saint-Barthélemy

Blessure d’une agent d’escale par une hélice en rotation, au poste de stationnement

Le 13 février 2019, à Saint-Barthélémy, une collectivité d’outre-mer Française, une agent d’escale a été gravement blessée à la tête par une hélice en rotation, au poste de stationnement. Voici quelques éléments issus du rapport d’enquêtes du BEA.

Renseignements sur l’exploitant de l’aéronef

Windward Islands Airways International N.V. (Winair) est une compagnie de transport aérien commercial de passagers basée à Saint Martin Juliana (Sint Maarten). Elle exploite notamment une flotte de trois De Havilland Twin Otter DHC-6 et assure la desserte de plusieurs îles de la Caraïbe. Lors d’inspections du programme d’évaluation de la sécurité des aéronefs étrangers (SAFA), cet exploitant a fait l’objet à plusieurs reprises de remarques concernant des agents d’escale évoluant autour des avions alors que les hélices étaient toujours en mouvement ou les feux anti-collision allumés. Selon les inspecteurs SAFA ayant réalisé ces contrôles, la raison invoquée par le personnel concerné était le fait de vouloir « gagner du temps ».

Renseignements sur l’agent d’escale

L’agent d’escale était employée depuis environ neuf mois par une société d’assistance en escale et était à jour de ses formations obligatoires. Lors de l’événement, elle ne portait pas de casque ou casquette de sécurité. La règlementation n’impose pas le port d’un équipement de ce type.

Elle avait pris son service le matin entre 7 h et 8 h.

Des prélèvements sanguins ont été réalisés à son arrivée à l’hôpital et des examens toxicologiques ont été effectués. Bien que les services judiciaires n’aient pas transmis au BEA les résultats chiffrés de ces examens, il apparaît qu’elle avait consommé de l’alcool ainsi que d’autres substances psychotropes dans la nuit précédant l’accident.

Plusieurs témoignages confirment ce point et mentionnent également l’heure de coucher tardive de l’agent d’escale.

Scénario

Après avoir placé les cales sur le train avant de l’avion, la placière s’est déplacée sans attendre l’extinction des feux anti-collision ni contourner la zone de danger de l’hélice. Elle s’est de plus laissée distraire de sa tâche et n’a pas regardé dans la direction vers laquelle elle avançait et s’est rapprochée du moteur droit toujours en rotation. Les pales de l’hélice ont fini par heurter à la tête l’agent d’escale qui a été blessée gravement.

Facteurs contributifs

Ont pu contribuer à la blessure de la placière par l’hélice :

o le non-respect par l’agent d’escale des mesures de sécurité visant à protéger le personnel des dangers inhérents à la circulation autour d’un aéronef en fonctionnement ;

o l’état probable de fatigue de l’agent d’escale en raison de son coucher tardif et de sa probable consommation de substances psychoactives ;

o l’habitude prise, lors de rotations courtes, par une partie du personnel d’assistance en escale, de s’affranchir de certaines mesures de sécurité afin de gagner du temps, ce qui a pu l’inciter à quitter sa position au nez de l’avion sans attendre l’arrêt complet des hélices.

Ces événements nous interpellent sur les dangers potentiels qu’encourent les acteurs de la plateforme aéroportuaire et rappellent à quel point le respect des procédures et recommandations est un gage de sécurité pour tout un chacun. L’application des bonnes pratiques serait judicieuse pour éviter la survenue de ce type d’accident.

Notes :

Les conclusions sont uniquement établies à partir des informations dont le BEA a eu connaissance au cours de l’enquête. Elles ne visent nullement à la détermination de fautes ou de responsabilités.

Les enquêtes du BEA ont pour unique objectif l’amélioration de la sécurité aérienne et ne visent nullement à la détermination de fautes ou responsabilités.

Source : Rapport BEA France

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